
Dakar : prix du riz, colère des marchés
Dans les marchés de Sandaga à Tilène, la hausse des denrées de base remet la question alimentaire au centre de la politique sénégalaise.
Par Ibrahima Sarr
Le kilo de riz, l'huile, le sucre, le poisson : les commerçantes de Dakar n'ont pas besoin d'un communiqué du ministère pour savoir que le mois est plus dur. Les prix s'invitent dans chaque conversation, chaque crédit à la journée, chaque repas sauté.
La dépendance aux importations n'est pas une donnée naturelle. Elle est le résultat de décennies de politiques qui ont affaibli les filières locales, exposé le pays aux marchés mondiaux et traité l'agriculture paysanne comme une variable d'ajustement.
À Sandaga comme à Pikine, la colère est politique. Elle demande des stocks publics, un contrôle des marges de la grande distribution, un soutien réel aux productrices. Elle refuse le discours qui transforme la faim en « choc exogène ».
Nous publions les voix des marchés — pas comme couleur locale, mais comme analyse : c'est là que se mesure la souveraineté.
Débat
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