
Sortir du système dette : Faye-Sonko face au legs de l'émergence
Près de 18 milliards de dollars devront être payés aux créanciers du Sénégal entre 2024 et 2029 — un défi qui contraint le nouveau gouvernement à repenser sa stratégie économique et sa souveraineté.
Par Rédaction Ferñent
Le service de la dette sénégalaise absorbe une part croissante des recettes publiques. Entre 2024 et 2029, près de 18 milliards de dollars devront être versés aux créanciers, bilatéraux, multilatéraux et privés. Cette contrainte n'est pas un accident comptable : elle est le produit d'un modèle d'« émergence » fondé sur l'endettement, les partenariats public-privé et l'extraversion.
Le tandem Faye-Sonko hérite d'un État dont la marge de manœuvre budgétaire est étroite. Chaque franc consacré au remboursement est un franc retiré de l'hôpital, de l'école, de l'agriculture paysanne. La question n'est donc pas technique — « comment rassurer les marchés » — mais politique : à qui appartient la souveraineté économique ?
Les institutions de Bretton Woods continuent de prescrire l'austérité comme vertu. Or l'histoire récente de l'Afrique de l'Ouest montre que ces « ajustements » défont les filets sociaux, précarisent les travailleurs et ouvrent le marché intérieur aux capitaux étrangers. Sortir du système dette exige un audit citoyen, un moratoire sur les créances illégitimes, et une coordination régionale qui refuse le chantage à la notation.
Ferñent défend une autre boussole : l'union libre des peuples libres d'Afrique, et la solidarité internationaliste des travailleurs. La dette n'est pas une fatalité. Elle est un rapport de forces. C'est ce rapport qu'il faut inverser.
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