Sénégal·

De la juste solution des contradictions entre Pastef et la Coalition

Diomaye et Sonko exposent de plus en plus des divergences. Comment éviter que cet empoisonnement personnalisé n'irradie l'unité gouvernementale ?

Par Diagne Fodé Roland

Ferñent·Lecture

Diomaye et Sonko exposent de plus en plus des différences, voire des divergences entre eux qui prennent la forme d'opposition entre le parti, Pastef et la Coalition « Diomaye, président ». La mutation de la « coalition Sonko, président » en « coalition, Diomaye, président » sur la base de « Diomaye mooy Sonko » met en exergue les non-dits du choix final de Sonko lui-même porté sur Diomaye suite à la publication par le Conseil Constitutionnel de la liste des 20 candidats retenus.

Ni Sonko, ni Diomaye n'ont éclairé la lanterne des militants et du peuple sur ce qu'ils ont décidé avant les 10 jours de campagne au bout desquels 54% des électeurs ont voté avant de donner 130 députés aux législatives à Pastef.

Et pourtant force est de constater qu'ils ont nommé, ensemble, le gouvernement et ont fait adopter les budgets, les politiques publiques, la baisse relative des prix, la publication de la dette cachée, le rejet des diktats du FMI/BM/Agences de notations, les recherches de ressources alternatives internes et extérieures bilatérales, la renégociation des accords de pêche, la préparation des renégociations des accords léonins sur le pétrole et le gaz, les politiques sectorielles et macro-économiques en cours d'exécution, etc. Ils ont aussi présenté, ensemble, la « vision Sénégal 2050 ».

L'unité gouvernementale semble pour le moment ne pas être affectée, y compris même sur les remaniements ministériels à l'intérieur et à la justice, par le débat malheureusement très personnalisé et individualisé entre les « pro-sonko » et les « pro-diomaye » sur 2029.

Mais est-ce vraiment durable si ce tiraillement entre Pastef et la Coalition perdure ? Comment éviter que cet empoisonnement personnalisé et individualisé n'irradie l'unité gouvernementale dont on sait, tous, que Pastef et la Coalition seront comptables en 2029 devant le peuple électeur ?

Le projet souverainiste panafricain comme boussole

Nous devons retrouver la seule boussole unificatrice de Pastef d’abord et de la Coalition ensuite : LE PROJET SOUVERAINISTE PANAFRICAIN qui a été incarné personnellement d’abord par Sonko, leader et président de Pastef et ensuite par « Diomaye mooy Sonko ».

La complexité et les difficultés de la tâche inédite au Sénégal de décoloniser la République néocoloniale sont des sources des approches différentes qui apparaissent inévitablement à la tête de l’État, dans le parti et la coalition. 2014, naissance de Pastef et 2024, Pastef et la coalition au pouvoir est un délai trop court pour forger une unité politique prospective suffisante du sommet à la base des entités forgées dans l’épreuve de la répression arbitraire, illégale et liberticide de l’autocratie néocoloniale APR/BBY.

Les leurres d’un partage de posture entre le président Diomaye et le premier ministre Sonko, tous les deux de Pastef, s’orientent vers la division inacceptable que chaque militant souverainiste doit refuser parce que c’est un mode opératoire perdant-perdant. Le présidentialisme néocolonial dont on a hérité et reproduit dans Pastef est une des clefs explicative de l’actuelle menace de division.

Que faut-il faire maintenant ?

D’abord, Sonko, président de Pastef, doit impulser une réforme interne au parti pour le faire fonctionner sur le principe du centralisme démocratique.

Ensuite, permettre à Diomaye, président et militant de Pastef, d’y retrouver toute la place qui lui permet de participer à la décision démocratique qui débouche sur la centralisation de l’action politique en direction des populations.

Puis, les instances démocratiques, BP, CN, Coordinations, Cellules, Mouvements, etc doivent reprendre vie sans attendre dans l’inaction tout du président de Pastef.

En plus, Diomaye et Sonko, plus généralement Pastef et la Coalition sont invités à garantir le Jub, Jubbal Jubanti et la rationalisation des dépenses publiques tout en satisfaisant les passifs et revendications des secteurs sociaux en lutte.

Enfin, Diomaye et Sonko, Pastef, notamment ses députés et la coalition doivent saisir la haute cour de justice visant l’ex-président Macky Sall pour une procédure judiciaire sur les crimes de sang de 2021 à 24 et la reddition des comptes financiers, notamment la dette cachée et les milliards du covid.

Il faut sortir par le haut de cette dommageable situation de division en devenir qui est porteuse d’une désespérance à la hauteur de l’espérance suscitée par la montée en puissance politique du souverainisme panafricain dans notre cher Sénégal.

Débat

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