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Casamance : L'illusion de la paix - La réalité des morts

Chaque incident entraîne une réponse. Chaque réponse apporte un répit. Mais le problème demeure. Il est temps de passer d'une gestion de crise à une stratégie de transformation.

Par Amadou Sylla

Ferñent·Lecture

Chaque incident entraîne une réponse. Chaque réponse apporte un répit. Mais le problème demeure. Il est temps de passer d'une gestion de crise à une stratégie de transformation.

Une opportunité politique à saisir

Le Sénégal dispose d'atouts considérables : une stabilité institutionnelle, une crédibilité diplomatique, et une capacité de dialogue reconnue. Ces atouts doivent être mobilisés pour engager une nouvelle phase : un dialogue politique inclusif, un programme massif de développement et de désenclavement, une présence durable de l'État dans les territoires concernés, et une stratégie coordonnée à l'échelle régionale.

La paix en Casamance n'est pas hors de portée. Mais elle exige une volonté politique constante et assumée.

Un enjeu national et régional

La Casamance n'est pas une périphérie secondaire. Elle est au cœur d'enjeux stratégiques pour le Sénégal et pour l'Afrique de l'Ouest. Les dynamiques à l'œuvre — mobilité transfrontalière, trafics, fragilité locale — concernent l'ensemble de la sous-région. Stabiliser durablement cette région, c'est renforcer la stabilité collective.

Refuser l'habitude de la tragédie

Le plus grand danger serait de s'habituer. S'habituer aux pertes. S'habituer aux communiqués. S'habituer à une paix incomplète. Une Nation ne peut pas considérer comme normale la mort répétée de ses soldats sur son propre territoire.

Les événements récents doivent être un signal d'alarme. La Casamance ne doit plus être un angle mort des politiques publiques. Elle doit devenir une priorité. Car une crise ignorée n'est pas une crise résolue. C'est une crise qui continue de produire ses drames.

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